Climafed : « 2026 sera l’année charnière : la relance est en marche, il faut maintenant une percée structurelle des pompes à chaleur »

21/01/2026

Climafed, la fédération belge des technologies climatiques, constate qu’en 2025 le marché du chauffage montre enfin des signes clairs de reprise. Après une période difficile, les ventes repartent à la hausse et la confiance des ménages revient, les incitant à réinvestir dans leur logement. Cette reprise montre que le marché est à nouveau en mouvement. Une chose est désormais certaine : le grand basculement vers un chauffage durable est à portée de main. Grâce à des choix politiques plus clairs, à un débat public mieux informé et à une évolution rapide des prix de l’énergie, 2026 dispose de tous les atouts pour devenir la véritable année charnière des pompes à chaleur et du chauffage sans combustibles fossiles.

Reprise en 2025, mais un choix encore trop souvent tourné vers le passé

En 2025, les ventes de systèmes de chauffage ont de nouveau progressé, mais cette reprise a été portée principalement par les chaudières classiques. Leur vente a augmenté d’environ 8 %. Les chaudières au mazout ont connu un regain particulièrement marqué : dans certaines régions, surtout en Wallonie, leur installation a augmenté de près de 25 %. De nombreux ménages ont profité de cette période pour installer rapidement une chaudière traditionnelle, souvent par incertitude face aux futures règles ou par crainte de coûts plus élevés par la suite. 

Selon Climafed, ce réflexe est compréhensible, mais il reste problématique. Une nouvelle chaudière fossile reste généralement en service 15 à 20 ans. Choisir aujourd’hui ce type de système, c’est donc figer sa consommation d’énergie et sa facture pour de longues années, et rendre la transition vers un chauffage plus durable plus difficile et plus coûteuse par la suite. 

Les pompes à chaleur ont également mieux performé en 2025 que l’année précédente, avec une croissance d’environ 13 %. Cette progression reste toutefois insuffisante au regard des objectifs climatiques. La technologie évolue néanmoins de manière visible. De plus en plus de ménages et de maîtres d’ouvrage optent pour des pompes à chaleur monobloc, un système plus simple fonctionnant au propane, un fluide frigorigène plus respectueux de l’environnement. Cela démontre, selon Climafed, que le secteur est techniquement prêt pour une accélération. 

Malgré cela, la part des pompes à chaleur par rapport aux chaudières fossiles demeure insuffisante. Après un pic temporaire en 2024, cette part a de nouveau reculé en 2025. Pour Climafed, cela ne traduit pas un manque de confiance des consommateurs, mais surtout des comportements d’attentisme et une incertitude persistante concernant les prix et la réglementation. 

« 2025 a été l’année où les gens ont de nouveau osé investir », explique Johan De Cuyper, président de Climafed. « Mais trop souvent, le choix s’est encore porté sur des solutions du passé. Cela montre à quel point des signaux clairs et cohérents sont essentiels. » 

Les chauffe-eau solaires ont également traversé une année difficile. Le marché a reculé d’environ 17 % et le chauffe-eau solaire classique pour maisons unifamiliales a pratiquement disparu. Dans les immeubles à appartements et les projets collectifs, la solaire thermique reste toutefois une solution intéressante, notamment comme complément à des systèmes de chauffage de plus grande envergure. 

Selon Wim Persoons, vice-président de Climafed et président de l’association sectorielle du solaire thermique Belsolar, le cadre politique accuse ici un retard. « La solaire thermique est une technologie éprouvée et renouvelable. Il est difficile d’expliquer pourquoi elle ne bénéficie pas du même taux de TVA avantageux que d’autres solutions durables. Si nous voulons réellement réussir la transition énergétique, la solaire thermique doit à nouveau être pleinement reconnue. » 

2026 : pourquoi les cartes sont désormais réellement rebattues

Après des années de choix politiques changeants et parfois contradictoires, Climafed observe aujourd’hui un véritable tournant. Là où les ménages avaient autrefois l’impression d’être encouragés à investir avant d’être freinés, la direction est désormais claire. Se chauffer au gaz ou au mazout devient structurellement plus cher, tandis que le chauffage électrique devient progressivement plus abordable et plus attractif. 

Il ne s’agit pas d’une intuition, mais de données chiffrées. Des études récentes du gouvernement fédéral montrent que l’utilisation de pompes à chaleur pourrait, dans quelques années, coûter moins cher que celle de chaudières à gaz, même dans des logements moins bien isolés. Avec l’introduction de la taxe carbone européenne (ETS2), la hausse des accises sur le gaz et un glissement de la fiscalité allégeant la charge sur l’électricité, la logique des coûts s’inverse. Ce qui freinait financièrement les pompes à chaleur devient aujourd’hui leur principal atout. 

Pour les ménages, cela signifie avant tout plus de sécurité. La facture énergétique devient plus prévisible, la dépendance aux fluctuations des prix du gaz diminue et les investissements retrouvent enfin une logique à long terme. Pour ceux qui construisent ou rénovent aujourd’hui, le calcul économique est fondamentalement différent de celui d’il y a quelques années. 

Les pouvoirs publics orientent également de manière beaucoup plus claire le marché vers le chauffage durable. La baisse de la TVA sur les pompes à chaleur, le maintien des primes – en Flandre même pour toutes les catégories de revenus – et le soutien explicite et durable à cette technologie montrent que le temps des hésitations est révolu. Les pompes à chaleur ne sont plus une exception temporaire, elles deviennent progressivement la norme. 

En Flandre, ce virage se concrétise aussi par une coopération renforcée entre les autorités et le secteur. Dans le cadre d’un convenant sectoriel, fabricants, installateurs et pouvoirs publics s’engagent à lever ensemble les obstacles. Cela passe notamment par une plus grande transparence des prix, afin que les ménages puissent mieux comparer les devis, par davantage de formation et de reconversion des installateurs, pour renforcer la qualité et la confiance, et par une communication claire et positive aidant les consommateurs à faire un choix éclairé. 

« Après des années d’hésitation, le signal est désormais clair », explique Patrick O, responsable des affaires publiques chez Climafed. « La politique ne dit plus “peut-être”, mais “voici la direction”. Cela redonne enfin confiance aux ménages et aux entreprises pour se projeter vers l’avenir. » 

Climafed souligne que le secteur assume pleinement sa part de responsabilité. En collaborant étroitement avec les pouvoirs publics et les organisations partenaires, la fédération veut s’assurer que la transition soit non seulement techniquement possible, mais aussi réalisable et compréhensible pour les ménages, tant en construction neuve qu’en rénovation et dans les immeubles à appartements. 

Faire le bon choix aujourd’hui, c’est gagner demain

Climafed souhaite avant tout adresser un message positif aux ménages qui doivent aujourd’hui faire un choix important. Un système de chauffage est un investissement pour de nombreuses années, mais pour la première fois depuis longtemps, toutes les pièces du puzzle sont réunies : des choix politiques clairs, des technologies de plus en plus abordables et un secteur prêt à accompagner les consommateurs. 

Là où le chauffage durable était autrefois perçu comme complexe ou incertain, il devient aujourd’hui plus simple, plus logique et résolument tourné vers l’avenir. Les pompes à chaleur ne répondent pas seulement aux objectifs climatiques, elles correspondent aussi de mieux en mieux aux attentes des ménages : sécurité, stabilité et maîtrise de la facture énergétique. 

« Les conditions ont fondamentalement changé », conclut Johan De Cuyper. « Les autorités donnent une direction claire, la technologie est mature et le marché est prêt. 2026 sera l’année où le chauffage durable ne sera plus un saut dans l’inconnu pour de nombreux ménages, mais un choix évident. Ceux qui regardent vers l’avenir peuvent désormais construire, en toute confiance, une habitation confortable et abordable. »